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Témoignages
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Les seins de chocolat... au lait |
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Claude Martel, maire de Bray-Dunes (Nord) aime à raconter ses années de jeunesse à lombre de la frontière et les rapports que toute la population entretenait avec les douaniers. Lui aussi se transforma souvent en jeune pacotilleur quand il encombrait un peu ses poches de café ou de tabac
belge. Bray-Dunes, village on ne peut plus frontalier avec la Belgique, connut son heure de gloire avec le tournage du film "La maison dans la dune" en 1934, d'après le roman de Maxence Van der Meersch.
Et Claude Martel de se rappeler lanecdote suivante : "Un jour ma mère se rendit en Belgique pour faire quelques achats. Le chocolat quelle convoitait mais que convoitait aussi les douaniers fut plaqué contre sa poitrine le temps du passage à la douane. La température ambiante ou un soleil particulièrement radieux fit fondre la matière".
Et Claude Martel (alors âgé de 5 ou 6 ans) de se remémorer ces images "dun père raclant le soutien-gorge de sa femme avec une cuiller à soupe et dune mère un peu déconfite mais riant de bon coeur du bon tour joué aux douaniers".
Le chocolat
au lait ne sen trouva que mieux apprécié par la famille Martel.
Claude Martel, Maire de Bray-Dunes (2004) |
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"La fraude ! Tous les habitants de la région, sans doute ont été des fraudeurs occasionnels, des amateurs que les vrais contrebandiers, les "pros", appelaient jadis "les blouseux". Des hommes et des femmes, des enfants qui "passaient" du chocolat, du café, des bas nylon après la guerre (alors que l'on n'en trouvait pas en France) et du tabac bien sûr, le célèbre "toubaque" belge, cultivé par des paysans de Wervicq, de Roisin et de la Vallée de la Semois que les achats français enrichissaient beaucoup".
Jacques Duquesne, écrivain natif de Dunkerque |
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"La nuit, aux aboiements des chiens, mon père devinait qu'il s'agissait d'un rôdeur ou d'un fraudeur...".
Maurice Sergheraert, ancien Député-Maire d'Hazebrouck |
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"Les salaires de l'industrie textile étaient à une époque si peu élevés qu'un seul passage de tabac permettait au fraudeur de gagner en une seule nuit l'équivalent d'une semaine de travail".
Jean Delobel, Député-Maire de Bailleul |
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"Lorsque j'eus dix ans, j'inventais un jeu dans la cour de récréation "Le douanier et le fraudeur". André HOUVENAGHEL était le douanier et moi le fraudeur. J'étais déjà un peu au courant de ces pratiques depuis l'âge de sept ans. Curieusement, par la suite, HOUVENAGHEL est devenu douanier et moi je suis resté fraudeur. Nous sommes restés amis et en bonne relation et habitions tous les deux dans le même village de Godewaersvelde".
Albert CAPOEN, "Confessions d'un fraudeur flamand" (1996). |
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Réfractaire au service de travail obligatoire en Allemagne |
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"En 1943, j'ai également porté du tabac à Steenbecque chez un certain VASSEUR sur la place. C'était café et boucherie, là on était toujours très bien accueilli. Pendant que lui rangeait le tabac, il nous donnait une bière, du pain avec du pâté, autant qu'on voulait en manger. J'aimais particulièrement cette place parce que j'étais réfractaire de la classe 1942, donc je n'avais ni de carte de pain, ni de viande".
Albert CAPOEN, "Confessions d'un fraudeur flamand" (1996). |
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